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Le bio rapporte gros

Après un repos forcé dont la cause est un changement d’hébergeur Internet accompagné des tracasseries que chacun connaît.

 

Le bio rapporte gros

 

            Gros balourd, je pensais que le labellisé « bio » me mettrait à l’abri de la grande industrie polluante. Pauvre de moi !

Prenons le poulet. C’est bio, c’est écrit dessus, donc c’est bon. J’imaginais des cours de ferme à l’herbe luisante et sous l’ombre des pommiers bruissants, des poulets gras qui picoraient leur provende, vers et maïs , des poulets heureux quoi !

Malheureux !

La nouvelle réglementation européenne fait de la charte bio une omelette indigeste. Elle permet par exemple à un éleveur de livrer jusqu’à 50 000 poulets bio par mois. Grâce à cette nouvelle réglementation européenne, la taille des élevages ne connaît pas de limites. Seuls sont limités les nombres de volailles par bâtiment ; mais pas le nombre de bâtiments… Pour palier à cette surpopulation, des dérogations permettent aux agriculteurs « bio » d’utiliser des traitements chimiques ou conventionnels. Et d’ailleurs l’éleveur bio est nouvellement autorisé à nourrir son élevage avec des aliments « bio » qui peuvent contenir 10 % d’ingrédients non bio et jusqu’à 0.9 % d’OGM…

Le soja, source de protéines est l’un des principaux composants de l’alimentation. Peu cultivé en France parce que jugé peu rentable, on l’importe notamment de Chine. Problème : en 2008 on a retrouvé de la mélanine dans le soja bio chinois. Or, il s’agit d’une substance très toxique. Depuis, de nombreuses coopératives se fournissent en soja bio cultivé sur d’immenses fazendas « bio » de plusieurs milliers d’hectares, au Brésil, gagnés sur la destruction massive de la forêt amazonienne… ou bien dans certains pays de l’est où de grandes sociétés européennes achètent à bas prix des terres vendues par les petits paysans qui ne peuvent intégrer leurs cultures aux normes européennes.

Dans tous les cas, exit la transparence !

Toutes ces réflexions se sont effacées, ce matin, au marché de Honfleur en abordant cette brave fermière aux joues colorées qui vendait quatre de ses poulets élevés en plein air, nourris grâce à la petite parcelle de maïs, des poulets dodus à souhait, mais aussi du beurre, simplement du beurre moulé, sans adjonction, quelques œufs frais et les roses de son jardin. Quel bonheur un marché paysan à proximité.

Quand il s’agit d’agriculture, Bruxelles n’est jamais en reste de réglementation. Et le vieux fossile qui vit entre champs et pâturages n’est lui, jamais longtemps éloigné des belles normandes portant lunettes et pis avantageux. Aussi, forcément, s’y intéresse-t-il.

Que peuvent donc bien pondre de nouveau les commissaires européens ? Eh bien ceci : le lait, qui rapporte si peu à nos agriculteurs, s’exporte aux forceps en Amérique latine.

En important à bas prix 45 000 tonnes de lait et 2000 tonnes de fromages dans les pays d’Amérique centrale, l’Union Européenne portera préjudice à plus de 400.000 producteurs locaux plutôt que d’adapter la production à la consommation interne de l’Union. En agissant ainsi, le Conseil Européen augmentera les quotas laitiers pour accroître les exportations, et cette décision favorisera la baisse des prix du lait en Europe, et la faillite des paysans vivant de cette production. Alors pourquoi ? Eh bien pour remplir les poches des distributeurs et celles de l’industrie de transformation notamment.

Est-il encore nécessaire de rappeler que la souveraineté alimentaire est une des règles des droits de l’homme ?

 

Le vieux fossile n’en finit pas de râler. Un vieux bougon. Oui mais quand même, dans son jardin, malgré les fleurs et les légumes, malgré les arbres, malgré les traitements naturels, malgré un enclos où l’herbe est laissée en jachère, il aperçoit de moins en moins d’abeilles et d’insectes butinant. Amer, il remercie les agri-managers qui traitent avec Dieu sait quoi les champs à presque nuit tombée.

Où est-il le temps où seuls la pluie et le beau temps régulaient les récoltes ?

 

Mais miracle ! Face à la crise, à la pollution et à l’appauvrissement de la planète, voici les agrocarburants. La fausse bonne idée…

La ruée d’investisseurs étrangers sur les terres cultivables produit déjà ses effets. Ainsi au Sénégal, l’Etat avait demandé aux collectivités locales d’octroyer 1000 hectares aux promoteurs des agrocarburants. Certains conseils ruraux ont cédé jusqu’à plus de 20.000 hectares, chassant de leurs terres les paysans locaux. Une nouvelle disette est née.

Et le vieux fossile ne se demande plus à qui profite la mondialisation.

 

 



27/06/2010
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