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Albert Camus, un souffle de liberté

J’ai connu, Catherine grâce à Diane pour qui la fille d’Albert Camus était une relation. Nous nous sommes croisés plusieurs fois dans les rues de Lourmarin et Catherine Camus m’avait alors félicité pour les pages d’Itinéraire d’un SDF qu’elle avait, disait-elle, beaucoup apprécié. Pour autant, son ami Gallimard ne m’a jamais contacté, ah ! Relations quand tu nous lâches…

Mon admiration pour son lauréat de père ne date pas de ces relations de voisinage. En fait, j’ai découvert Albert Camus, comme nombre de mes compatriotes, au lycée. Nous étions sensés l’étudier, à cet âge que retient-on ? On devrait apprendre la littérature quand l’envie s’en fait sentir, quand l’âge atteint les raisons de l’envie, jamais avant, temps gaspillé.

Ainsi sur le tard, j’ai vraiment découvert Albert Camus et bizarrement par le dernier de ses écrits, ce manuscrit qui se trouvait sur ses genoux, dans une serviette, ce terrible jour où la Facel-Vega de Michel Gallimard se fracassa contre un platane, entraînant Albert Camus dans la mort.

Je ne me risquerai pas à analyser La Chute, pas plus que L’homme révolté, encore moins la peste ou  L’Etranger. D’autres l’on fait avec talent ou inaptitude, générosité ou parti pris, moi je ne suis rien. Ce que je retiens de Camus, ce qui s’accroche à mon cœur, c’est que Camus était l’avocat des petites gens, des opprimés, Camus était un révolté qui luttait contre l’injustice. Il voulait la justice et la liberté. La liberté.  Ce que je retiens de Camus écrivain et philosophe, c’est la clarté, une pensée écrite de façon presque scolaire et qui met son œuvre à portée  des plus humbles.

En outre, un homme qui a écrit : J’ai une patrie : la langue française ne peut que retenir mon admiration. Un homme qui offrait son amitié à Louis Guilloux et qui détestait Sartre ne peut que m’émouvoir. Et puis quand on dit de cet  homme « Camus a non seulement lutté contre la paresse de l’intelligence (son œuvre est comme l’ivresse de la lucidité), il s’est encore plus opposé à la paresse du cœur » (Jean grenier) eh bien à cet homme là moi j’offre mon cœur et mon esprit.

Albert Camus a la vogue. Son œuvre est traduite partout dans le monde. Des milliers d’exemplaires attestent qu’il est l’un des écrivains les plus lus de part la planète. Mais depuis que notre Président s’intéresse de trop près au mythe Albert Camus, je deviens jaune de jalousie. Il voudrait me piquer l’un de mes héros ! Et c’est tellement absurde, tant est anticamusienne la politique sarkozyste !

Il suffit de se rappeler qu’Albert Camus était un grand lucide…

 

Dans le petit cimetière de Lourmarin, peut-être ne restera-t-il un jour qu’une stèle. Et sous le dôme du panthéon célèbrera-t-on un nouvel illustre. C’est querelle de clocher que de se mêler à ça. Mais il restera dans le petit cimetière et dans la garrigue accrochée au Luberon, une odeur de liberté et de justice se fondant dans les senteurs de thym et de romarin.

 

Diane habitait un lieu magique, acheté à une parente, sur les hauteurs de Lourmarin. Devant le mazot sommeillait une cabane de chantier. Sur le seuil de cette cabane, il y a très longtemps, Jules Roy et Albert Camus, refaisaient le monde, chaque été. J’ai souvent piétiné la poussière et les aiguilles de pins, espérant poser mes pas dans ceux du grand homme. Qu’y ai-je gagné ?

Des coups de soleil…

 



24/11/2009
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